vendredi 7 décembre 2012

Histoire de la vie

Ecoutez moi, et croyez moi
Quand je dis que l'eternite n'existe point
Que les sentiments ne durent point 
et que l'amour va et vient

Ecoutez l'histoire de l'humain
De ses hauts et bas
De sa vie qui s'ecoule
entre cris et jois

Ceci est une histoire banale
Celle d'une querelle
entre deux amies anciennes 
qui les rendit etrangeres

Celle d'un couple 
Qui se scinde, puis se separe
et se retrouve,
plus mur, plus stable

Celle de la vie
de ses bonheurs
de ses tourments
qui t'emerveillent et t'accablent

Ceci est l'histoire de tous
Ceci est l'histoire de l'homme et de la femme
du vieux et du petit 
de la mere et de la fille
du pere et du fils

Ceci est la vie
Ceci est le quotidien
Ceci est le monde comme il va
L'humain comme il vit

Ceci est l'histoire de tourments 
qui agitent tes nuits
qui te rendent indecis
amer et sarcastique aussi 

Ceci est le genre humain
avec ses problemes
aussi complexe qu'il soit
Il n'est pas aussi parfait que ca.


mardi 25 septembre 2012

Stupeur et Tremblement - Amélie Nothomb




Fubuki, elle, n'était ni Diable ni Dieu : c'était une Japonaise.
 Toutes les Nippones ne sont pas belles. Mais quand l'une d'entre elles se met à être belle, les autres n'ont qu'à bien se tenir.
 Toute beauté est poignante, mais la beauté japonaise est plus poignante encore. D'abord parce que ce teint de lys, ces yeux suaves, ce nez aux ailes inimitables, ces lèvres aux contours si dessinés, cette douceur compliquée des traits ont déjà de quoi éclipser les visages les plus réussis.  Ensuite parce que ses manières la stylisent et font d'elle une oeuvre d'art inaccessible à l'entendement.  Enfin et surtout parce qu'une beauté qui a résisté à tant de corsets physiques et mentaux, à tant de contraintes, d'écrasements, d'interdits absurdes, de dogmes, d'asphyxie, de désolations, de sadisme, de conspiration du silence et d'humiliations, une telle beauté, donc, est un miracle d'héroïsme.  Non que la Nippone soit une victime, loin de là. Parmi les femmes de la planète, elle n'est vraiment pas la plus mal lotie. Son pouvoir est considérable : je suis bien placée pour le savoir.
 Non : s'il faut admirer la Japonaise , et il le faut , c'est parce qu'elle ne se suicide pas. On conspire contre son idéal depuis sa plus tendre enfance. On lui coule du plâtre à l'intérieur du cerveau : "Si à vingt-cinq ans tu n'es pas mariée, tu auras de bonnes raisons d'avoir honte", "si tu ris, tu ne seras pas distinguée", "si ton visage exprime un sentiment, tu es vulgaire", "si tu mentionnes l'existence d'un poil sur ton corps, tu es immonde", "si un garçon t'embrasse sur la joue en public, tu es une putain", "si tu manges avec plaisir, tu es une truie", "si tu éprouves du plaisir à dormir, tu es une vache", etc.
Ces préceptes seraient anecdotiques s'ils ne s'en prenaient pas à l'esprit.  Car, en fin de compte, ce qui est assené à la Nippone à travers ces dogmes incongrus, c'est qu'il ne faut rien espérer de beau. N'espère pas jouir, car ton plaisir t'anéantirait. N'espère pas être amoureuse, car tu n'en vaux pas la peine : ceux qui t'aimeraient, t'aimeraient pour tes mirages, jamais pour ta vérité. N'espère pas que la vie t'apporte quoi que ce soit, car chaque année qui passera t'enlèvera quelque chose. N'espère pas même une chose aussi simple que le calme, car tu n'as aucune raison d'être tranquille.  Espère travailler. Il y a peu de chances, vu ton sexe, que tu t'élèves beaucoup, mais espère servir ton entreprise. Travailler te fera gagner de l'argent, dont tu ne retireras aucune joie mais dont tu pourras éventuellement te prévaloir, par exemple en cas de mariage , car tu ne seras pas assez sotte pour supposer que l'on puisse vouloir de toi pour ta valeur intrinsèque.
 A part cela, tu peux espérer vivre vieille, ce qui n'a pourtant aucun intérêt, et ne pas connaître le déshonneur, ce qui est une fin en soi. Là s'arrête la liste de tes espoirs licites.
 Ici commence l'interminable théorie de tes devoirs stériles. Tu devras être irréprochable, pour cette seule raison que c'est la moindre des choses. Etre irréprochable ne te rapportera rien d'autre que d'être irréprochable, ce qui n'est ni une fierté ni encore moins une volupté.  Je ne pourrai jamais énumérer tous tes devoirs, car il n'y a pas une minute de ta vie qui ne soit régentée par l'un d'entre eux. Par exemple, même quand tu seras isolée aux toilettes pour l'humble besoin de soulager ta vessie, tu auras l'obligation de veiller à ce que personne ne puisse entendre la chansonnette de ton ruisseau : tu devras donc tirer la chasse sans trêve.  Je cite ce cas pour que tu comprennes ceci : si même des domaines aussi intimes et insignifiants de ton existence sont soumis à un commandement, songe, a fortiori, à l'ampleur des contraintes qui pèseront sur les moments essentiels de ta vie.
 Tu as faim ? Mange à peine, car tu dois rester mince, non pas pour le plaisir de voir les gens se retourner sur ta silhouette dans la rue, ils ne le feront pas , mais parce qu'il est honteux d'avoir des rondeurs.
 Tu as pour devoir d'être belle. Si tu y parviens, ta beauté ne te vaudra aucune volupté. Les uniques compliments que tu recevrais émaneraient d'Occidentaux, et nous savons combien ils sont dénués de bon goût. Si tu admires ta propre joliesse dans le miroir, que ce soit dans la peur et non dans le plaisir : car ta beauté ne t'apportera rien d'autre que la terreur de la perdre.  Si tu es une belle fille, tu ne seras pas grand-chose ; si tu n'es pas une belle fille, tu seras moins que rien.
 Tu as pour devoir de te marier, de préférence avant tes vingt-cinq ans qui seront ta date de péremption. Ton mari ne te donnera pas d'amour, sauf si c'est un demeuré, et il n'y a pas de bonheur à être aimée d'un demeuré. De toute façon, qu'il t'aime ou non, tu ne le verras pas. A deux heures du matin, un homme épuisé et souvent ivre te rejoindra pour s'effondrer sur le lit conjugal, qu'il quittera à six heures sans t'avoir dit un mot.
 Tu as pour devoir d'avoir des enfants que tu traiteras comme des divinités jusqu'à leurs trois ans, âge où, d'un coup sec, tu les expulseras du paradis pour les inscrire au service militaire, qui durera de trois à dix-huit ans puis de vingt-cinq ans à leur mort. Tu es obligée de mettre au monde des êtres qui seront d'autant plus malheureux que leurs trois premières années de vie leur auront inculqué la notion du bonheur.
 Tu trouves ça horrible ? Tu n'es pas la première à le penser. Tes semblables le pensent depuis 1960. Tu vois bien que cela n'a servi à rien. Nombre d'entre elles se sont révoltées et tu te révolteras peut-être pendant la seule période libre de ta vie, entre dix-huit et vingt-cinq ans. Mais à vingtcinq ans, tu t'apercevras soudain que tu n'es pas mariée et tu auras honte. Tu quitteras ta tenue excentrique pour un tailleur propret, des collants blancs et des escarpins grotesques, tu soumettras ta splendide chevelure lisse à un brushing désolant et tu seras soulagée si quelqu'un , mari ou emplobrushing désolant et tu seras soulagée si quelqu'un , mari ou employeur, veut de toi.
 Pour le cas très improbable où tu ferais un mariage d'amour, tu serais encore plus malheureuse, car tu verrais ton mari souffrir. Mieux vaut que tu ne l'aimes pas : cela te permettra d'être indifférente au naufrage de ses idéaux, car ton mari en a encore, lui. Par exemple, on lui a laissé espérer qu'il serait aimé d'une femme. Il verra vite, pourtant, que tu ne l'aimes pas. Comment pourrais-tu aimer quelqu'un avec le plâtre qui t'immobilise le cœur ? On t'a imposé trop de calculs pour que tu puisses aimer. Si tu aimes quelqu'un, c'est qu'on t'a mal éduquée. Les premiers jours de tes noces, tu simuleras toutes sortes de choses. Il faut reconnaître qu'aucune femme ne simule avec ton talent.
 Ton devoir est de te sacrifier pour autrui. Cependant, n'imagine pas que ton sacrifice rendra heureux ceux auxquels tu le dédieras. Cela leur permettra de ne pas rougir de toi. Tu n'as aucune chance ni d'être heureuse ni de rendre heureux.
 Et si par extraordinaire ton destin échappait à l'une de ces prescriptions, n'en déduis surtout pas que tu as triomphé : déduis-en que tu te trompes. D'ailleurs, tu t'en rendras compte très vite, car l'illusion de ta victoire ne peut être que provisoire. Et ne jouis pas de l'instant : laisse cette erreur de calcul aux Occidentaux. L'instant n'est rien, ta vie n'est rien. Aucune durée ne compte qui soit inférieure à dix mille ans.  Si cela peut te consoler, personne ne te considère comme moins intelligente que l'homme. Tu es brillante, cela saute aux yeux de tous, y compris de ceux qui te traitent si bassement. Pourtant, à y réfléchir, trouvestu cela si consolant ? Au moins, si l'on te pensait inférieure, ton enfer serait explicable et tu pourrais en sortir en démontrant, conformément aux préceptes de la logique, l'excellence de ton cerveau. Or, on te sait égale, voire supérieure : ta géhenne est donc absurde, ce qui signifie qu'il n'y a pas d'itinéraire pour la quitter.
 Si : il y en a un. Un seul mais auquel tu as pleinement droit, sauf si tu as commis la sottise de te convertir au christianisme : tu as le droit de te suicider. Au Japon, nous savons que c'est un acte de grand honneur. N'imagine surtout pas que l'au-delà est l'un de ces paradis joviaux décrits par les sympathiques Occidentaux. De l'autre côté, il n'y a rien de si formidable. En compensation, pense à ce qui en vaut la peine : ta réputation posthume. Si tu te suicides, elle sera éclatante et fera la fierté de tes proches. Tu auras une place de choix dans le caveau familial : c'est là le plus haut espoir qu'un humain puisse nourrir.
 Certes, tu peux ne pas te suicider. Mais alors, tôt ou tard, tu ne tiendras plus et tu verseras dans un déshonneur quelconque : tu prendras un amant, ou tu t'adonneras à la goinfrerie, ou tu deviendras paresseuse , va-t'en savoir. Nous avons observé que les humains en général, et les femmes en particulier, ont du mal à vivre longtemps sans sombrer dans l'un de ces travers liés au plaisir charnel. Si nous nous méfions de ce dernier, ce n'est pas par puritanisme : loin de nous cette obsession américaine.
 En vérité, il vaut mieux éviter la volupté parce qu'elle fait transpirer. Il n'y a pas plus honteux que la sueur. Si tu manges à grandes bouchées ton bol de nouilles brûlantes, si tu te livres à la rage du sexe, si tu passes ton hiver à somnoler près du poêle, tu sueras. Et plus personne ne doutera de ta vulgarité.
 Entre le suicide et la transpiration, n'hésite pas. Verser son sang est aussi admirable que verser sa sueur est innommable. Si tu te donnes la mort, tu ne transpireras plus jamais et ton angoisse sera finie pour l'éternité.

L'étranger - Albert Camus


Il était seul. Il reposait sur le dos, les mains sous la nuque, le front  dans les ombres  du  rocher,  tout  le  corps  au  soleil.  Son  bleu  de chauffe fumait dans la chaleur. J'ai été un peu surpris. Pour moi, c'était une histoire finie et j'étais venu là sans y penser.
Dès qu'il m'a vu, il s'est soulevé un peu et a mis la main dans sa poche. Moi, naturellement, j'ai serré  le revolver de Raymond dans mon veston. Alors de nouveau, il s'est laissé aller en arrière, mais sans retirer la main de sa poche. J'étais  assez loin de lui, à une dizaine de mètres. Je devinais son regard par instants, entre ses paupières micloses. Mais le plus souvent, son image dansait devant mes yeux, dans l'air enflammé. Le bruit des vagues était encore plus paresseux, plus étalé qu'à midi. C'était le même soleil, la même lumière sur le même sable qui se prolongeait ici. Il y avait déjà deux heures que la journée n'avançait plus, deux heures qu'elle avait jeté l'ancre dans un océan de métal bouillant. À l'horizon, un petit vapeur est passé et j'en ai deviné la tache noire au bord de mon regard, parce que je n'avais pas cessé de regarder l'Arabe.
J'ai pensé que je n'avais qu'un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais toute une plage vibrante de soleil se pressait derrière moi.
J'ai fait quelques pas vers la source. L'Arabe n'a pas bougé. Malgré tout, il était encore assez loin. Peut-être à cause des ombres sur son visage, il avait l'air de rire. J'ai attendu. La brûlure du soleil gagnait mes joues et j'ai senti des gouttes de sueur s'amasser dans mes sourcils. C'était le même soleil que le jour où j'avais enterré maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. À cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j'ai fait un mouvement en avant. Je savais que c'était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'un pas. Mais j'ai fait un pas, un seul pas en avant. Et cette fois, sans se soulever, l'Arabe a tiré son couteau qu'il m'a présenté dans le soleil. La lumière a giclé sur l'acier et c'était comme une longue lame étincelante qui m'atteignait au front. Au même instant, la sueur amassée dans mes sourcils a coulé d'un coup sur les paupières et les a recouvertes d'un voile tiède et épais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel. Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et, indistinctement, la glaive éclatant jailli du couteau toujours [88] en face de  moi. Cette épée brûlante rongeait mes cils et fouillait mes yeux douloureux. C'est alors que tout a vacillé.
La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu.  Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.

Lolita - Vladimir Nabokov

Je ne sais pas si j'ai mentionné que lolita réservait toujours aux étrangers un sourire absolument ensorceleur, plissant tendrement ses yeux veloutés, tous ses traits illuminés d'une douce fulgurance rêveuse , une expression qui, bien sûr, ne voulait rien dire, mais était si jolie, si touchante que l'on avait de la peine à ne voir dans cette suavité qu'un simple gène magique illuminant mécaniquement son visage sous l'effet de quelque atavisme emprunté à un antique cérémonial de bienvenue - hospitalité mérétrice, risque de dire le lecteur grossier. Ainsi donc, elle se tenait là alors que Mr. Byrd pérorait en faisant tournoyer son chapeau, et - ah oui, voyez comme je suis stupide, j'ai omis de mentionner la caractéristique essentielle du fameux sourire de Lolita, la voici: ce brasillement tendre, miellé, plein de fossettes, pendant qu'il fusait, n'était jamais destiné à l'étranger présent dans la piéce mais flottait, pour ainsi dire, dans sa propre vacuité lointaine et fleurie, ou encore, il se promenait au hasard avec une suavité myopique sur certain objet - et c'était précisément ce qui se passait maintenant: tandis que la petite Avis dodue se blottissait contre son papa, Lolita contemplait d'un air radieux un couteau à fruit qu'elle manipulait distraitement au bord de la table où elle était accoudée, à mille lieu de moi. Soudain, alors qu'Avis se pendait au coup et à l'oreille de son père, lequel enveloppait d'un bras distrait sa grosse progéniture disgracieuse, je vis le visage de Lolita perdre tout son éclat et devenir l'ombre minuscule et glacée de lui-même, le couteau à fruit glissa de la table, le manche en argent heurta par malheur sa cheville, ce qui lui coupa le souffle et l'obligea à s'accroupir tête pendante, puis sautillant sur une jambe, le visage horriblement défiguré par cette grimace préparatoire qu'affichent les enfants juste avant de fondre en larmes, elle partie en courant dans la cuisine - aussitôt suivie et consolée par Avis qui avait un si merveilleux papa rose et grassouillet et un petit frère dodu, et une petite soeur toute neuve, et une maison, et deux chiens ricanants, alors que Lolita, elle, n'avait rien. 

samedi 12 mai 2012

Badiaa m'a déçue

Ceci un ancien article, que je décide de publier aujourd'hui, car cette déception n'a pas diminuée.

J'ai assisté à la première soirée de Jazz à Carthage, sur scéne il allait y avoir Badiaa, notre chanteuse tunisienne rebelle, et stacey kent, une chanteuse de Jazz américaine.

J'étais toute excitée à l'idée d'assister à la soirée, je me suis d'ailleurs donnée, ainsi que mon amie, un mal fou pour trouver des tickets (soit dit en passant que le site de jazz a carthage a mis une contrainte conne à son payement en ligne: on ne pouvait pas payer avec la carte visa de la poste car cette dernière a un codage spécial qui attribut à chaque carte un code internet de 8 chiffres au lieu de 6, et le site de jazz à carthage n'en acceptait que 6).

Bref, malgré tout, on y est allé.
La soirée avait débuté avec Badiaa, j'était toute excitée: elle va nous chanter "labes", "kama 9ala abi", "ila salma", etc. Peut être que nous aurions droit à un petit extrait de "enti essout".

La déception: elle n'a chanté que des nouveaux titres, tous inconnus pour moi, et je suis sure pour 80% de l'audience (les 20% restant sont ses amis avec qui elle a tenue des discussions personnelles, en présence des spectateurs). A un instant donné je sentais même qu'elle improvisait, et que ça durait longtemps, longtemps.

Je n'ai pas du tout apprécié sa performance, je comprends que l'on soient rebelles, que l'on fasse de l'underground, que l'on laisse libre cours à son imagination et à son sens artistique, que l'on suive le fil de son imagination, et que l'on agisse spontanément, mais ce n'était ni le cadre  ni le lieu.
Il s'agissait de jazz à carthage, un festival que je considère des plus distingués de Tunis, qui présente chaque années une sélection de groupes et de chanteurs internationaux merveilleux.

Présenter sa performance dans une telle atmosphère impose un minimum de respect pour les spectateurs et une bonne préparation.

Stacey Kent, elle, était bien, pas excellente, mais juste bien, elle nous a fait un peu rattrapé la soirée.

J'admire nos artistes tunisiens, Badiaa est talentueuse et a une voix merveilleuse, je l'avoue, mais il faut savoir quand sortir de l'amateurisme pour entrer dans la cours des grands, des professionnels, et assumer les changements qui s'imposent alors.

La SNCFT: brève critique

Hier, j'ai assisté à une tentative de kidnapping au bord du train Tunis-Sousse.

Un jeune garçon de 8 ans, s'est tenu à la porte du wagon à l'arrêt du train, pour demander le nom de la station.
Un individu se trouvant sur le quai a voulu alors lui arracher son téléphone, puis a tenté de l'attirer vers lui. Le garçon s'est accroché à la barre métalique du train et s'est mis à crier, alors que l'autre le tirai. Sa mère a accourue, ainsi que beaucoups de voyageurs. Alors l'homme a pris la fuite aprés avoir déchirer le pantalon du garçon.

Cet incident n'est pas le seul auquel j'ai assisté au bord du train.
Un autre jour, des individus ont lancé des pierres sur le train, ont cassé la vitre de la locomotive et ont blessé le chauffeur.

Ces incidents nous incitent à poser une multitudes de questions:
- Où est la sécurité?
- Que veulent de tels individus?
- Ne peut-on plus voyager en Tunisie sans craindre le pire?

Il est vrai que le service de la SNCFT est plus que blâmable: au moment d'avoir votre billet, l'agent en face de vous ne vous donne l'information que contraint, vous voulez changer un billet? vous allez souffrir de ses foudres.

D'autre part, les trains sont si vieux, si délabrés, que la deuxième classe est devenue meilleur que la première, bien que toutes deux restent à blâmer (saleté, climatiseur en panne l'été, chauffage en panne l'hiver, portes des wagons qui ne s'ouvrent pas ou ne se ferment pas, sièges cassés, insectes qui sortent de je ne sais où, et la liste est encore longue)

Autre chose, pourquoi il n'y a pas de lumière dans les gares le soir? on ne sait même pas dans quelle gare on s'arrête: pas d'annonce dans le train et pas de lumière au dehors pour éclairer le nom de la gare. D'ailleurs l'incident du petit garçon est survenu car ce dernier n'a pas su à quelle gare on s'était arrêté.

Pourquoi n'y a-t-il pas d'agents de sécurité au bord des trains?

Bref, des changements majeurs doivent être apportés à la SNCFT pour qu'elle puisse présenter des services dignes de son nom.


mercredi 25 janvier 2012

ريحة لبلاد يابا... لاهي فل ولا ياسمين!!


ليوم معادش فيها... بش نطرشق من جنابي!!

فديت، كليت، مليت وروحي طلعت من تونس ومن عبادها!!

تونس بلادي، نحبها ونموت عليها، ومنبدلها بحتى بلاد: لا فرنسا ولا كندا ولا إيطاليا ولا إسبانيا ولا تركيا ولا عمار بزور!!

أما تعبت، تعبت مالبهامة، تعبت مالتسطيكة، تعبت مالأنانية والنرجسية متع التوانسة!! يا اخي، موش خاطر إنت متعجبكش المعارضة معناتها هوما عباد موش نورمال و ميحبوش مصلحة لبلاد!! وللمعارضة: تي ماهو كي متعجبكش حاجة، انقد وأعطي حلول بديلة، أو ما يعبر عنه بالنقد البناء!!  
وزادة موش خاطر نتومة تقولوا برواحكم مسلمين تكفروا غيركم وتعنفوهم وتزيدوا تحللوا دمهم!! و موش على خاطرني مانيش حاطة محرمة معناتها بيا وعليا!!

هاني رجعت نهز ونسبط!!! دمي يغلي في عروقي، واني نرى في حال لبلاد!! تي وين ماشين؟؟ وين؟؟ قولولي وين؟؟

والقروض هابطة كي التراب، هي قطر، هو اليابان، هو منعرفش شنوا!! والمستشارين والوزراء عاد!! قد شعر الراس!! وكل واحد إقولك ميسالش، منخذش شهرتي الكل!! قسموا خبزة الجاتو وقعدوا يتمزاو علينا!! بارك الله فيكم!!
  
وجماعة المجلس التأسيسي قعدوا كان اهزوا ويصبطو، تقشقيش حناك وحديث فارغ و زيد تطييح قدر، والرسمي اجيبوا ربي، والله المستعان!!

الحمد لله، مانيش من جملة البطالة، أهوكة نتلهى شوية في النهار، أما في الليل، لا مفر، الواحد يرجع يغلي!!

وراس أمي قريب تندموني على نهار 14 جانفي، تي عالقليلة قبل ماكناش نراو  جماعة النقاب الاسود إلي منراو مهم شي وجماعة اللحية إلي نهار لكل عابسين قرنتهم، وين يراوك اقولوا "استغفر الله"، تقول شافوا إبليس!! يا أخي سهلها تسهال، وتبسم لدنيا تضحكلك، إرتاح طرف!!

والله لا فهمت هالبنات إلي حاطين نقاب وخارجين للشارع، كيفاش إخمموا، وهذا يعود للأسباب التالية:

- نحسك حاشمة (موش متع وجه يحمار) إلي جيت للدنيا أنثى، كان تلقى تفسخ روحك ولا تولي ترانسبارنت.
- توا بالله، عباد تعاني باش سي الراجل ما يتسلط عليك، ونتي تقلهم يا كفار ويا *****، تي بالله كان موش عاجبك، خلي لغيرك، إلي يعرف قيمة لحكايات هاذم.
- وأخيراً، وليس أخيراً، تي كي إنت تحب تولي ملك الراجل، تي ماهو شد دارك و رتحنا منك، تي إنت صوتك عورة، وإي مليمتر مربع من بدنك مثير للشهوة، وزيد ماكش بش تخدم وهكا ولا هكا بش تشد الدار تربي كمشة صغار، شد دارك من توا وسيبنا!!

والله قاعدين إتشوشو علينا، وموش مخلينا انركزو مع مصير البلاد إلي قاعد يتكتب توا!!

وكلمة أخرى بالله للجماعة المعتصمين: بالله شنوا تحبوا؟؟ خدمة؟؟ مفماش خدم توا توا!! دبر راسك دور الدولاب!! ويزي من التكعرير وتعطيل لعباد!! خلي الناس تمشي لخدمها، وإنت صبرت صبرت، زيد اصبر طرف، وما تأيسش، ومتحصرش روحك، أخرج من دومانك، من مدينتك، من بلادك!! أما بالله يزيونا من هالإعتصامات!! ماعملتوا بيهم شي، فلستوا الشركات إلي تحبوها تخدمكم وزدتوا في عدد البطالة إلي هوما خير منكم (عندهم خبرة سنين زايدة عليكم)
  
الحصيلوا وبرا، أختكم، كي التوانسة لكل، معادش مرتاحة، وراكبني العصب والستراس، نحب نهار نحل الفايسبوك ولا جريدة، ونقرا "السماء زرقاء والعصافير تزقزق" وموش بصيغة التنبير ولا التعتيم!!!

لحكاية هذي نعرفها حلمة بعيدة المنال، "utopie" كما إقولو الفرنسيس، أما زادة فما أطروحة الفوضى، إلي تقول إلي من الفوضى ينبع النظام، واني نحب نأمن بها!!