Je suis tunisienne et je suis fière de mon peuple.
Malgré les hauts et les bas, malgré les différends, malgré l'opportunisme de certains et la médiocrité d'autres, je reste fière d'être tunisienne.
Cette année, une date toujours fêté par hypocrisie, sera désormais remplacée par une date fêtée par fierté et amour de la patrie.
Ce 14 janvier sera la DATE historique du réveil du peuple tunisien de sa longue hibernation de 23 ans sous l'ancien régime. Le tunisien qui acceptait les coups, les humiliations, les injustices sans brancher, ose aujourd'hui relever la tête et crier, réclamer son droit et protester.
La Tunisie a tellement changé durant ces derniers mois, qu'elle en est devenue méconnaissable. Les illusions se sont évanouies laissant la place à la dure réalité: oui, l'ancien régime, telle une sangsue, a sucé la Tunisie et son peuple jusqu'à la moelle, il a vendu notre pays et empoché l'argent, il a intoxiqué nos enfants avec sa drogue, et empoché l'argent, il a volé le bien du peuple, le fruit de son travail, l'a laissé croulant sous les dettes, et A EMPOCHE l'ARGENT!!
Notre président, soit-disant "le bienveillant ben ali, le grand, l'honorable, l'unique ben ali" (et tant d'autres termes hypocrites) est un traître, est un flicaille, sans niveau, sans morale, égoiste, matérialiste, et d'une bassesse incomparable. Pauvres de nous!!
Heureusement les "dégages" l'ont fait fuir tel un chien avec la queue entre les pattes.
Il s'est enfuit certes, mais il a promis de brûler la tunisie!! et commença alors notre calvaire:
- L'insécurité: des milices sont apparues, semant la terreurs partout, mais les tunisiens sont braves et les ont mis en déroutes. Se sont enfuis alors les prisonniers des prisons, et des malfaiteurs ont semés la terreur dans le pays en braquant, tuant, violant, volant les gens. Hier, on pouvait, nous les filles, rentrer tard chez nous, insouciantes et sans craintes, aujourd'hui, on verouilles les portes des voitures lorsqu'on s'arrête au feu, on ne tarde jamais pour rentrer chez nous, on ne se proméne pas seule. Mais est-ce cher payé pour une liberté morale?
- Le doute: l'ancien régime a pris son temps pour enraciner la médiocrité dans les âmes, et de la suite le temps de rassembler les hypocrites et les opportuniste dans un seul et unique parti: le RCD. Ce dernier seul sur la scéne politique, a grandi et atteint un pouvoir inestimable, tout en louant le bienfaiteur mauve. Le jour où son grand patron, tel un lâche, a déguerpi, il s'est retrouvé en mauvaise posture et fit tout pour ne pas perdre sa position, jouant toujours sur la menace insécurité et la théorie des complots. De plus, les gens avaient marre de ce partie, et en avaient même allergie: il le combattirent et lui coupèrent l'herbe sous les pieds, en excluant tous ses adhérents de la vie politique. Cependant, on ne peut accorder une confiance aveugle au gouvernement, anciennement composé que de RCDistes, et étroitement lié avec eux, jusqu'à aujourd'hui, les théories de complots font surfaces de jours en jours, de plus en plus incroyables et hallucinantes. On ne peut plus dire si un membre du gouvernement est un héros, ou un pion de l'ancien régime, les idées sont confuses, les raisonnements extraordinaires et divergents, les gens divisés par leurs idées entre ceux qui recherchent à se rassurer et être optimistes, et ceux qui voient les complots partout et veillent au petit grain.
- La paranoïa: désormais le plus grand ennemie de la Tunisie, car en un mot, on ne sait différencier entre amis et ennemis, le tunisien ne peut prétendre le savoir en politique, c'est un trés jeune novice, qui fait ses premiers pas sans un vrai guide pour le prendre de la main, il se trompe beaucoup et a raison quelque fois, mais comme il en a été privé pendant trés trés longtemps, il s'y plonge coeur et âme, se cramponne à ses idées et deviens agressif, il faut dire que sa liberté d'expression est assez récente, et que le tunisien a besoin de se défouler et de dire tout ce que un jour, il a baissé la tête en le taisant au fond de lui, de peur des représailles.
Cependant, il ne saisit pas bien cette responsabilité qui viens avec toutes ces libertés cher acquises: le respect de l'avis de l'autre, de sa vision des choses, de son mode de vie, etc...
- L'islamophobie: Une bonne démonstration de ceci sont les musulmans extrémistes (ou islamistes ou salafistes comme les appellent certains, mais je préfére le mot musulmans extrémistes), c'est vrai que ces derniers ont été les plus touchés par le régime de ben ali, cependant cela ne leur donne pas le droit de vouloir imposer l'islam, ou plutôt leur vision de l'islam aux autres. Les débats tournent de plus en plus sur la question de l'islam, et comme la Tunisie est avant tout un pays où il fait bon vivre, où chacun peut assouvir ses désirs, s'imaginer la Tunisie comme pays musulmans au plein sens du terme, donne la chair de poule. Pendant l'ancienne période, la femme tunisienne a acquis des droits et des libertés que lui envient toutes les femmes du monde arabe, elle en est venue même à concurrencer l'homme, mais elle a peur de perdre ces droits si un jour le régime islamique prend le pouvoir.
Voilà donc le résumé de la souffrance et des peurs de la Tunisie d'aujourd'hui. Cependant, bien que le chaos est présent dans nos vies, bien que l'on perd la tête en voulant comprendre ce qui se passe, bien que passant notre temps face à la télé ou à notre pc, voulant coûte que coûte acquérir une culture politique, nous, tunisiens, nous restons plus unis que jamais, et nous aspirons tous à un meilleur futur, où l'on ne nous dira plus jamais de nous taire, où l'on régnera, nous, peuple, sur notre Tunisie, en toute démocratie.



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